Depuis plusieurs semaines, la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo, notamment dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, s’est gravement détériorée. Le groupement de Karhongo-Nyangezi est aujourd’hui le théâtre d’exactions alarmantes attribuées à des groupes armés non étatiques, dont l’incursion a provoqué une vague de terreur, de déplacements massifs et de paralysie des services publics.
Enlèvement de Me Patient Basimike Willy
Le 17 décembre dernier, Me Patient Basimike Willy, avocat de profession et Chargé du Budget à l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) de Nyangezi, a été enlevé en plein jour alors qu’il surveillait un examen. Selon des témoins, des hommes en tenue militaire l’ont emmené vers une destination inconnue. Des sources locales évoquent la responsabilité de groupes armés actifs dans la région. Depuis cette date, aucune nouvelle n’a été obtenue sur son sort, et l’inquiétude grandit au sein de la communauté académique et locale.
Climat de peur et effondrement du tissu communautaire
L’entrée de ces groupes armés dans la zone a entraîné la fuite des leaders communautaires du groupement Karhongo-Nyangezi. Les activités scolaires sont suspendues, les marchés sont désertés, et les services de santé fonctionnent au ralenti. Plusieurs cas d’enlèvements, d’assassinats ciblés, de pillages et d’incendies de maisons ont été rapportés dans les localités de Ngando, Mwera, Muhumba et Karhembo. Les populations vivent dans la peur constante, sans protection ni recours judiciaire.
Appel à l’intervention des autorités
La famille de Me Basimike, ses proches, les collègues de l’ISTM/Nyangezi et la communauté locale lancent un appel pressant aux autorités provinciales et nationales pour :
- Diligenter une enquête indépendante et transparente sur les circonstances de l’enlèvement et les responsabilités impliquées.
- Retrouver et libérer Me Basimike sain et sauf, en mobilisant tous les moyens sécuritaires et diplomatiques nécessaires.
- Renforcer la sécurité dans le territoire de Walungu, en particulier à Nyangezi, par une présence militaire républicaine et une surveillance accrue.
- Protéger les civils et restaurer l’autorité de l’État dans les zones occupées ou menacées par les groupes armés.
- Soutenir les victimes et les déplacés internes par des mécanismes d’assistance humanitaire et de réintégration.
Position de ADE-RDC
ADE-RDC condamne fermement ces actes de violence et réaffirme son engagement pour la paix, la justice et la protection des droits humains. En tant qu’acteur de la société civile engagé dans la résilience communautaire et la gouvernance inclusive, nous appelons :
- À une mobilisation régionale et internationale pour mettre fin à l’impunité et soutenir les efforts de stabilisation dans l’Est de la RDC.
- À une coordination renforcée entre les ONG locales, les institutions étatiques et les partenaires internationaux pour documenter les violations, protéger les populations et reconstruire les services essentiels.
- À une solidarité active avec les familles des victimes, les enseignants, les étudiants et les leaders communautaires qui continuent de résister malgré les menaces.
Nous ne resterons pas silencieux. Chaque voix compte. Chaque vie compte.

La voix du peuple c’est la voix de Dieu, merci beaucoup Ă l’A.D.E pour cette dĂ©nonciation. La vie humaine est en danger Ă Nyangezi.